DORTMUND - PARIS : ET SI HALLER INSCRIT LE BUT DE LA VICTOIRE QUI CONDUIT À LA GLOIRE ?
- Dozilet Kpolo
- 13 déc. 2023
- 5 min de lecture
« […] Viens, à l’école des champions / Taper dans ce ballon / Pour qu’enfin un beau soir / Le but de la victoire te conduise à la gloire » Extraits du générique de L’École des Champions ; chantés par Bernard Minet.
Si Benjamin, héros de ce célèbre dessin animé, et ce tir de l’Aigle que beaucoup ont tenté avant de manger le goudron et/ou de finir avec des points de suture, a attendu le 49ème épisode pour enfin inscrire ce fameux but de victoire qui conduit à la gloire, d’autres n’auront pas autant de temps pour briller. Ou plutôt qui n’en ont plus l’opportunité.
C’est le cas notamment de Sébastien Haller, relégué sur le banc des remplaçants ; depuis l’arrivée du buteur Niclas Füllkrug en provenance du Werder Brême.
Ce soir, face au Paris Saint-Germain, obligé de gagner pour accéder aux huitièmes de finale de la Champions League, l’Allemand sera certes titulaire à la pointe de l’attaque. Mais imagine un seul instant si l’Ivoirien le remplace et inscrit le but de la victoire qui conduit à la gloire. Imagine.

AU COMMENCEMENT ÉTAIT HALLER SUR LE BANC
20 heures GMT. Le coup d’envoi de ce match au sommet du groupe F entre le 1er et le 2ème, que le PSG avait remporté au match aller (2-0), est donné. Les spectateurs d’Iduna Park donnent de la voix pour pousser leurs joueurs déjà qualifiés donc. Mais cela n’empêche pas ces Jaune & Noir de se faire entendre. Yeah, Uh Huh, You know what it is. Black & Yellow, Black & Yellow, Black & Yellow.
N’ayant d’autres choix que de gagner pour se qualifier, les Parisiens partent à l’assaut des buts du portier Gregor Kobel.
Voulant se rappeler au bon souvenir de son ancien club, Achraf Hakimi, qui délaisse très son poste d’arrière droit pour compléter le milieu de terrain façon João Cancelo 2021/2022, allume la première mèche. Au-dessus.
Chez les fans parisiens, venus en nombre certain, les gouttes de sueur perlent sur le front et le long des flancs, depuis les aisselles. Il y a comme un parfum de stress.
Puis c’est autour de Kylian Mbappé de filer droit au but mais le bondynois est vite et bien rattrapé par Mats Hummels.
Le champion du monde 2014 hurle même de plaisir après son sauvetage réussi façon Marquinhos 2014 face au Barça (3-2). Il n’en faut pas plus pour galvaniser les siens.
NIKLAS, NI PRÉCIPITATION

Sur une action anodine, Niclas Füllkrug, en bon vieux renard des surfaces, profite d’une mésentente dans la surface parisienne, contrôle puis fusille à bout portant Gianluigi Donnarumma. Ce n’est pas spécialement beau mais c’est terriblement efficace. Borussia Dortmund 1 – Paris Saint Germain 0.
Et dans l’autre match, Newcastle-Milan, respectivement 3ème et 4ème du groupe, les deux équipes tapent leur meilleure danse du ventre plutôt que concrétiser leur domination tour à tour.
Les plans de Luis Enrique tombent à l’eau. Après son élimination retentissante en 8ème de finale de la Coupe du Monde 2022, l’ancien sélectionneur de l’équipe nationale d’Espagne en voit une autre lui tendre les bras.
Cette fois-ci pas de découverte d’un nouveau joueur, d’un certain Azzedine Ounahi.
Emportés par le vent d’un exploit en cours de téléchargement, dopés par les chants du public, les Allemands laissent parfois un boulevard derrière eux. Hakimi, toujours lui, emprunte l’un d’eux et finit fauché dans la surface. Pénalty.
MBAPPÉ 1er
Premier à se saisir du ballon, Kylian Mbappé.
Serein, le champion du monde 2018 sourit même à Marco Reus et Mats Hummels qui tentent de le déconcentrer avec ce ballon qu’il tente de faire tomber de ses mains. L’arbitre ne les sanctionne pas, ni Achraf Hakimi non plus ; venu défendre son meilleur ami. Sur le banc des remplaçants, Sébastien Haller, lui, regarde ça de loin.
Finalement, l’attaquant parisien transforme le pénalty en force. Grosse frappe dans la lucarne. Mi-temps : Borussia Dortmund 1 – Paris Saint-Germain 1.
Et pendant ce temps-là, Newcastle est passé devant Paris après avoir ouvert le score.
HALLER MARQUE LE BUT DE LA VICTOIRE QUI CONDUIT À LA GLOIRE
Seconde mi-temps. Dortmund se contente de gérer le match nul. Les Parisiens eux n’y arrivent pas. Leurs tentatives sont timides comme ces adultes au premier date. La qualification leur file lentement mais sûrement entre les doigts, malgré les chants de leurs supporters qui donnent de la voix. L’Iduna Park respire la bonne vieille soirée Ligue des Champions, celle avec un enjeu certain.
Tout à coup soudain brusquement alors qu’il n’y avait aucun signe avant-coureur : Marco Reus se blesse.
Pour la quatre-vingt quinzième fois de sa carrière, l’ex-grand espoir du football allemand, qui a raté le sacre de 2014 pour cause de…blessure, se fait mal : ce sont les adducteurs.
Plutôt que faire entrer l’Anglais Jamie Bynoe-Gittens, le coach Edin Terzić fait entrer Sébastien Haller.
L’ENTRÉE DE SÉBASTIEN HALLER MODIFIE LE SYSTÈME DE JEU
Le Borussia qui évoluait jusque-là dans son traditionnel 4 – 2 – 3 – 1 passe à un 4-4-2 classique avec Donyell Malen et Julian Brandt sur les côtés.
Passés à deux derrière, le Paris Saint-Germain se rue à l’attaque. L’heure n’est plus aux calculs.
Sur une attaque qu’ils ont du mal à placer, comme ces chauffeurs VTC souvent incapables de lire Google Maps, les Rouge et Bleu perdent le ballon.
Contre-attaque supersonique allemande, Julian Brandt s’amuse avec le reste des défenseurs parisiens, met au gaou notamment Skriniar qui met Milan à se relever après le crochet, puis fonce vers la surface avant de servir Haller plutôt que Füllkrug qui agitait pourtant les bras. L’Ivoirien ne se fait pas prier pour battre Donnarumma. Borussia Dortmund 2 – Paris Saint-Germain 1.
Les carottes sont cuites. Ce ne sont pas les dernières forces, que Paris jette dans la bataille, qui y changeront quelque chose.
Sébastien Haller inscrit le but de victoire qui conduit à la gloire. Désormais, appelez-le tueur de Qatari. Feu Arafat aurait aimé.
ET MAINTENANT DIRECTION LA CAN

Oubliez le pénalty qu'il a raté lors de la dernière journée de la saison avant qu Dortmund et Jude Bellingham ne laissent filer le titre au Bayern Munich. Comme un seul homme, le public scande : « Haller ! Haller ! Haller ! »
Conscient, bien conscient, que celui qui leur offert cette victoire de prestige face au Paris Saint-Germain est un miraculé ; qui a vaincu un cancer des testicules.
Certes, l’ancien avant-centre de l’Ajax avec lequel il a inscrit un quadruplé pour son premier match en Champions League et une victoire écrasante face au Sporting Lisbonne : 5 à 1. C’était le mercredi 15 septembre 2021.
Quelques jours auparavant, l’international ivoirien trouvait le chemin des filets par deux fois face au Cameroun (2-1) dans le cadre des éliminatoires pour Qatar 2022.
À un mois jour pour jour de la CAN, de l’hospitalité, c’est tout le malheur qu’on lui souhaite. Un doublé pour le premier match face à la Guinée-Bissau, à Ebimpé. Avant que le public fin connaisseur de dessins animés populaires n’entonne : « […] Viens, à l’école des champions / Taper dans ce ballon / Pour qu’enfin un beau soir / Le but de la victoire te conduise à la gloire »
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